Church of Euthanasia

The One Commandment:
"Thou shalt not procreate"

The Four Pillars:
suicide · abortion
cannibalism · sodomy

Human Population:
SAVE THE PLANET
KILL YOURSELF



Chris Korda a grandi à New-york dans une famille plutôt aisée de l'Amérique post-Vietnam. Adolescent perturbé, c'est à l'âge de 15 ans qu'il fuit le foyer parental, fatigué d'être coincé entre une mère " qui se prenait pour une hippie " et un père en costume trois pièces qui souhaitait faire de son enfant un américain modèle version jeune cadre dynamique. Le destin en décidera autrement. L'adolescent qui vit dans la rue échappe au sort des sans abris qui finissent plombés au crack grâce à son attirance pour la musique. " Comme beaucoup de gamins de New-York je tapais avec des baguettes sur tout ce que je trouvais, ça me calmait. J'ai été arrêté plusieurs fois à cette époque mais j'ai quand même réussi à finir mes études supérieures ".

A 17 ans, Chris s'achète une guitare et écoute Jethro Tull, Led Zeppelin et Deep purple. Il pense déjà que la vraie vie est ailleurs. Quelques années plus tard, en se promenant sur Times Square, il constate que le Flower Power cède la place a une version beaucoup moins optimiste de la vie, c'est l'apparition du punk. Chris se sent concerné par cette contestation sourde, cette vibration sombre et extrémiste à mille lieues de l'idéalisme naïf de la décennie précédente. " Bizarrement, moins de dix ans après - en 1981 - j'ai complètement perdu contact avec la pop culture. Je me suis mis à faire des études d'ingénieur et à essayer de devenir un vrai musicien de jazz. j'étais obsédé par l'idée de devenir un authentique musicien jusqu'au jour où j'ai compris qu'il fallait que je cesse de forcer la main au destin. Ma carrière artistique a pris alors une toute une autre tournure. "

Pour échapper à un milieu New-Yorkais qui l'étouffe, Chris s'enfuit à Provincetown, une ville connue pour sa communauté gay au sein de laquelle il va découvrir sa véritable identité. Lors d'une fête d'Halloween, il s'habille complètement en femme et comprend dès lors que son bien-être passe par une forte expression de sa féminité. Chris devient Chrissy, sort en club, écoute de la musique de danse, aussi bien Madonna que les débuts de la house. La découverte de cette musique va de paire avec l'avènement de sa double identité, Chrissy s'investit dans différents groupes underground assez extrémistes avant de trouver sa propre voie. " Je jouai dans des groupes de noise parfois psychédéliques, mais je conservai toujours mes propres démons en tête avec un certain nombre de paysages sonores " soundscapes " (ndr) qui ne parvenaient pas à prendre leur forme actuelle. "

En 1992, lors d'une retraite dans les dunes de Provincetown, Chris a une vision : il sera désormais le révérend Chris Korda, apôtre de " l'Eglise de l'Euthanasie " ( www.churchofeuthanasia.org ) une église pas comme les autres où la notion de plaisir remplace celle de souffrance et où il est dit que l'homme d'aujourd'hui doit disparaître pour ne pas entraîner la vie organique de la planète vers une fin inéluctable. Extrémiste de l'écologie sociale au même titre que Joseph Beuys, apôtre de la liberté personnelle, sexuelle et individuelle, Chris korda chasse un à un les démons de l'Amérique d'aujourd'hui : inégalités sociales et sexuelles, hyper-technologie, volonté de domination via le pouvoir capitaliste en s'opposant à une société sans avenir qui à défaut de ne pouvoir se perpétuer ne pourra qu'empirer la situation actuelle de l'homme sur la planète.

Chrissy n'a de cesse de harceler les médias pour prêcher sa parole d'évangile : " Il faut se servir au maximum de la propagande, c'est la raison pour laquelle j'organise des manifestations, que je vais régulièrement à des émissions de télévision comme le Jerry Springer show. C'est en étant hyper-présente dans les médias que je peux me faire entendre, la deuxième solution consiste à diffuser ma musique et mes installations dans des festivals d'art ou de cinéma underground expérimental ".

La carrière de Chris Korda dans la musique électronique a démarré par accident au Popkom a Cologne en 1997. l'artiste branche sa guitare et son micro sur un ampli à l'Apollo, un club local où Dj Hell est de passage. Le producteur d'International Deejay Gigolo bluffé par sa performance décide de signer Chrissy après un live qui selon ses propres mots " ressemblait à du Neil Young sous acide ". La culture dj est a cette époque pourtant assez loin de l'univers de Chris qui découvre tout juste la dance music, milieu dans lequel il se trouve immergé comme par inadvertance.

Chris continue à faire des morceaux influencés par la vague electro avec une omniprésence textuelle qui les rend extrêmement significatifs. Dans ses titres clefs, on retrouve les maîtres mots de sa théorie : Sex is good, Save the Planet -Kill yourself ou encore Victim of leisure , consumer of amusement qu'il fit connaître grâce à la compilation du club Ego. Artiste désormais côté à l'international, l'ex-ingénieur s'est acheté un home studio où il compose ses chansons visionnaires et devrait prochainement sortir un livre…

Eva-marie Pinon

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